|
Résumé :
|
est des domaines de recherches privilégiés qui se situent au point de convergence de disciplines variées, et vers lesquels la formation que nous avons reçue nous pousse irrésistiblement. Les peintures rupestres récentes du bassin du Haut et Moyen Niger en constituent un. Quel préhistorien confronté aux problèmes presque insolubles que pose l'interprétation de l'art paléolithique européen ne se sentirait pas attiré par un des derniers arts rupestres encore partiellement vivants au monde, avec la secrète espérance de pouvoir enfin tester « sur le vivant » certaines méthodes d'investigation élaborées dans un contexte strictement archéologique? Nous ne saurions en effet trop souligner l'importance de ce champ de recherches, et la nécessité de récolter sans tarder des informations directes sur ces figurations avant que les derniers initiés ne disparaissent à jamais. Le bassin du Niger est peut-être la dernière région au monde où des hommes pratiquent encore des peintures rituelles en abri sous roche et où l'on peut espérer replacer ces dernières dans un contexte sociologique, rituel et mythique valable. A l'autre bout du continent noir, la phase la plus récente, des peintures d'Afrique australe, partiellement contemporaine de l'invasion bantoue, n'a persisté que jusqu'au xixe siècle, au moment où les populations bochimanes furent décimées par les • blancs. Il s'agit donc déjà d'un art défunt devant lequel nous nous trouvons dans la même situation que pour l'art paléolithique, spectateurs d'illustrations sans légende. Quant à l'art rupestre des régions australiennes, les dernières chances de pouvoir le saisir dans sa réalité vivante s'amenuisent de jour en jour.
|