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Résumé :
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Ce travail a permis d'intégrer les masques et leurs manifestations (masques proprement dits, vêtements, parures, accessoires, mimiques, chants, rythmes et danses, etc.) dans la cosmogonie, la mythologie, l'histoire de cette population. Ces interprétations avaient été évoquées dès 1946 : « La Société des masques, disait Ogotemmêli à Marcel Griaule, c'est le monde entier. Et lorsqu'elle s'ébranle sur la place publique, elle danse la marche du monde, elle danse le système du monde. Car tous les hommes, toutes les fonctions, tous les étrangers, tous les animaux sont taillés comme masques ou tissés comme cagoules ». Or, il convient d'abord de rappeler que le terme imina, que l'on traduit par « masque », ne désigne pas pour les usagers seulement l'objet de bois sculpté et peint, ou fait de fibres teintes et tressées, ou encore en vastes perruques qui coiffent et dissimulent entièrement la tête du porteur, mais aussi l'ensemble du costume qui le revêt et des accessoires dont il est muni. Les mêmes observations sont valables pour les Bambara, les Bozo, les Soninké lors de sorties publiques de masques dits soko « gibier » : les visages des porteurs sont entièrement dissimulés et leurs corps recouverts de pagnes et de couvertures maintenues soigneusement au ras du sol par des adjoints de façon qu'on n'aperçoive même pas leurs pieds. Cette particularité du masque, tel qu'il est conçu par les sociétés d'Afrique occidentale, se réfère à une certaine catégorie de masques qui s'exhibent en grand nombre pendant des cérémonies publiques. A l'exception de certains cris rituels poussés pendant les défilés, les porteurs restent muets chez les Dogon ; on ne les entend jamais dans les populations riveraines du Niger. Mais il faut dire qu'il existe dans ces mêmes populations des cas où le visage des porteurs reste à découvert. Ainsi en est-il du masque du Komo, pendant les cérémonies, strictement réservées aux membres de cette société d'initiation dans laquelle tout circoncis est introduit après la fin de la retraite qui suit l'opération. Le porteur est revêtu d'une vaste houppelande qui le cache jusqu'aux pieds. Mais, il porte le masque au sommet de la tête, laissant ainsi son visage découvert. On peut entendre les paroles — plutôt les sortes de balbutiements — qu'il profère au travers d'un mirliton qui déforme sa voix : ce qu'il dit ainsi est interprété et traduit aux sociétaires par un initié qui l'assiste. Là ne se cantonnent pas les sens que les usagers accordent à ce terme. Tous les participants aux cérémonies du Sigui ont revêtu un costume spécial, un bonnet, des parures de cauris et de bijoux, mais restent à visage découvert et chantent en dansant. Or, pendant toute la durée des fêtes, ils sont appelés « masques » par les anciens qui ont participé soixante ans auparavant au Sigui précédent et portent leurs vêtements de tous les jours ; ils les haranguent, les instruisent et les encouragent, en langue du Sigui comme en langue dogon.
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