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Résumé :
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La Bolivie de ses activités académiques et politiques est celle des années 1970, en pleine dictature militaire, alors que surgissent des organisations paysannes indépendantes dont la rhétorique de classe s’ouvre aux perspectives indianistes. Mais c’est aussi la Bolivie d’aujourd’hui, moins d’un an après l’élection d’un gouvernement en grande partie issu de ces organisations avec, à sa tête, le dirigeant d’un syndicat de producteurs de feuilles de coca – Evo Morales – et un sociologue, Alvaro García Linera, emprisonné durant 5 ans pour son appui à la guérilla de l’EGTK (Ejercito Guerillero Tupac Katari). Pour comprendre la magnitude des processus sociaux vécus en Bolivie, il faut peut-être souligner – comme Evo Morales l’a fait à l’occasion de son investiture – que jusqu’à la révolution nationale de 1952, les places des principales villes du pays étaient interdites aux indigènes ; ils ne pouvaient évidemment pas non plus s’approcher du palais présidentiel et encore moins voter. Quel que soit le contenu sociologique que l’on attribue à des catégories comme « indien » ou « indigène », leur prégnance dans le fonctionnement de la société bolivienne – depuis l’accès au pouvoir, y compris l’université, la délégitimation des autorités indigènes et de leurs juridictions historiques, jusqu’au racisme ordinaire – constitue un problème ethnique auquel n’a pas su répondre la rhétorique de classe de la révolution nationale de 1952. Selon Silvia Rivera, les sciences sociales peuvent en revanche contribuer à affronter cette question : « aussi loin soit-on de l’anthropologie appliquée ou des politiques étatiques destinées aux populations indigènes, les enquêtes et l’analyse des conflits et des problèmes vécus par ces populations » (1990 : 49-75) sont à la recherche d’une épistémologie propre, capable de faire face à la violence de l’État, aussi bien dans ses expressions dictatoriale et néolibérale que dans le colonialisme interne qui se faufile à l’intérieur des sciences sociales…
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