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Résumé :
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L’anthropologie reflète la dynamique planétaire de construction de l’altérité et d’assignation de places dans l’ordre mondial identitaire ; or ce rapport d’altérité est également présent dans le champ anthropologique lui-même. Discipline fondée sur l’étude de la différence, elle a pourtant du mal à la prendre en compte en son propre sein. Car la différence n’est pas seulement un objet d’étude : elle structure le champ anthropologique dans ses orientations épistémologiques, ses modes d’institutionnalisation, dans le contenu et les supports de ses publications et autres canaux de recherche (appels d’offre, allocations de postes, créations de formations universitaires et post-universitaires, etc.). Dans ce numéro du Journal des anthropologues nous proposons de restituer cette multiplicité de points de vue telle qu’elle s’exprime dans divers contextes sociopolitiques et intellectuels. En ce sens, plutôt que de reproduire une logique d’altérisation – non plus de nos objets mais de l’anthropologie –, nous tentons le pari d’une réflexion multilocalisée sur les représentations et les pratiques de l’anthropologie, en prenant comme point d’ancrage initial l’Amérique latine. Quelques moments dans l’histoire de la réflexion épistémologique de notre discipline ont été particulièrement riches et incisifs en ce qui concerne l’analyse de l’autre, les formes dans lesquelles l’anthropologie a pensé le rapport à la différence qu’elle-même produisait. Nous allons rappeler ici (trop) brièvement certains de ces apports pour présenter ensuite les contributions recueillies dans ce numéro et leur positionnement dans cette cartographie des altérités…
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