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Résumé :
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L’évolution de l’anthropologie visuelle au fil de ces vingt dernières années nous a incitées à consacrer un numéro à la création et à la transmission, deux pôles situés aux extrêmes de la chaine de production de nos données, afin de souligner et de favoriser le renouvellement des enjeux et des questions soulevés par ces transformations qui concernent directement notre discipline ainsi que les domaines transversaux comme les Media Studies, les Digital Studies ou encore l’art numérique. La création, méthode et moyen d’investigation du réel accompagne la conception, la collecte, la restitution et la publication des enquêtes. Elle influe directement sur la diversité, la qualité et les stratégies propres aux conditions et aux moyens de transmission qui militent en faveur de formes singulières ou hybrides de restitution. Ces nouvelles formes de diffusion défient tant le pouvoir économique que politique qui régissent l’espace académique, culturel ou associatif. En considérant la création comme une méthode, une technique, une solution pour restituer les multiples plis et replis livrés par le réel nous prolongeons le débat initié, il y a près de cinquante ans par Jean Rouch. Alors que cet ethnologue cinéaste fut reconnu pour ses talents de réalisateur, les anthropologues se sont le plus souvent détournés, gênés par cette œuvre innovante et avant‑gardiste. Si Rouch a affirmé à plusieurs reprises son attachement à la poésie, à la création, à l’imaginaire, il aura fallu attendre ces dernières années pour que subrepticement la sphère universitaire et académique reconnaissent la création comme une dynamique importante dans la production des connaissances par le biais de la valorisation des technologies numériques…
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