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Résumé :
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Il y a plusieurs constats communs à deux anthropologues, venant d’horizons problématiques et académiques divers, qui se sont retrouvés à travailler sur des « questions d’eau » ces quinze dernières années. Le premier constat est celui de la potentialité de l’eau comme objet d’enquête anthropologique : au-delà de sa centralité comme base de reproduction de la vie matérielle, l’eau est l’une des ressources les plus imbriquées dans les rapports sociaux et culturels. La relation homme/environnement, les modes d’organisation du territoire, les rapports de production, les agencements institutionnels, les relations de pouvoir, les systèmes de valeurs et les identités, sont autant de clefs de lecture que l’analyse de la gestion sociale de l’eau, dans ses diverses modalités, est à même de dévoiler. Étudier l’eau, en partant de sa matérialité – bien visible sur le terrain – et en la dépassant par le suivi des fils multiples qui se nouent autour de ce bien commun (réseaux sociaux, économiques, politiques et culturels) peut satisfaire pleinement à une perspective anthropologique. Le fort potentiel relationnel de l’eau, sa dimension holistique, sa vocation comparative, l’ouverture à l’interdisciplinarité qu’elle permet, mais aussi l’opportunité qu’elle offre d’un regard sur l’altérité, stimulé par la diversité des eaux dans leurs incorporations sociales, tous ces éléments en font un objet privilégié de la réflexion et de la production des connaissances en anthropologie…
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