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Résumé :
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le déroulement du conflit armé actuel en Côte‑d’Ivoire montre la pertinence et l’actualité des analyses menées par Gérard Althabe sur le processus de décolonisation dans les années 1960‑70. Pourquoi cela? Rappelons‑en simplement quelques aspects récents. En novembre 2004, deux avions de guerre ivoiriens bombardent un camp de la force française d’interposition, provoquant la mort de neuf soldats ; en représailles, l’armée française détruit l’intégralité de l’aviation ivoirienne, soit quelques avions et hélicoptères. À la suite de cet affrontement militaire des dizaines de milliers d’émeutiers encadrés par les « jeunes patriotes », une milice pro‑gouvernementale fort bien organisée, s’en prennent violemment aux intérêts français à Abidjan, sur incitation des radios et télévisions publiques. Ces « jeunes patriotes » envahissent les rues, pillent, saccagent et pourchassent les Français, tentent de défendre la présidence lorsqu’ils la croient menacée ou font mine de vouloir reprendre l’aéroport occupé par les forces armées françaises. Ils ont pour slogan une « résistance anticoloniale », selon le mot d’ordre lancé par le leader médiatique des miliciens, Blé Goudé, surnommé le « général de la jeunesse ». Dans le même temps, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne déclarait publiquement que la Côte‑d’Ivoire serait un nouveau Vietnam pour la France. Celle‑ci, donc, s’y enliserait à l’instar des États‑Unis au Vietnam mais surtout la Côte‑d’Ivoire engagerait ainsi une guerre de libération contre l’ancienne puissance coloniale, dont la présence militaire est désignée comme une « armée d’occupation »…
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